Publié le 25/11/2016

Depuis leur chute vertigineuse enregistrée ces derniers mois, les prédictions vont bon train quant à la prochaine hausse des taux d’intérêts. Et si la plupart des conjectures ont été jusqu’ici démenties par la tendance continûment baissière du coût de l’emprunt, il semblerait que 2017 inaugure enfin sa légère remontée. Une nouvelle en demi-teinte donc, qui est toutefois compensée par les perspectives de marges de négociation sur les tarifs d’assurance de prêt, dessinées par les nouvelles dispositions de la loi Sapin 2.

Une hausse des taux d’emprunt immobilier à prévoir, qui devrait rester modérée

Si de nombreux commentateurs avaient bien annoncé la remontée des taux d’intérêts depuis le début de l’année, la conjoncture n’en a fait qu’à sa tête. Elle a, contre toute attente, continué de les faire dégringoler : selon l’Observatoire CSA/Crédit Logement, le taux moyen toutes durées d’emprunt confondues est descendu à 1,46 % au 3ème trimestre 2016 (1,19 % pour les crédits sur 15 ans, et 1,67 % pour les crédits sur 25 ans). Des valeurs qui ont donc baissé de 34 % en 1 an, et de 62 % en 5 ans.

Les courtiers s’accordent toutefois à envisager un relèvement des taux dès décembre 2016, déjà engagé par quelques établissements financiers depuis mi-novembre ; une augmentation de 0,05 à 0,3 points, qui reste donc modeste. Elle devrait se poursuivre en 2017, mais rester là encore légère du fait des objectifs d’activité très ambitieux que se sont fixés les groupes bancaires.

Un coût de l’assurance de prêt qui pourrait être revu à la baisse

Concomitamment, une nouvelle mesure pourra profiter à la baisse du coût des crédits : l’élargissement des possibilités de résiliation des assurances de prêt immobilier, institué par le projet de loi Sapin 2 qui a été adopté définitivement le 8 novembre 2016 (projet de loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique).

Il sera désormais possible à tout emprunteur de changer d’assurance de prêt à chaque date anniversaire de son contrat ; en vertu de la loi Hamon, les possibilités de substitution se limitaient jusqu’ici aux 12 premiers mois suivant la souscription. Cette disposition devrait permettre aux accédants et autres investisseurs immobiliers de négocier davantage le montant de leur prime d’assurance : une opportunité plus que séduisante, quand on sait que l’assurance de prêt peut représenter jusqu’à 30 % du coût total d’un crédit.

Quand et dans quelles conditions cette mesure sera-t-elle effective ? Les futurs décrets d’application le diront…