Discours de Nicolas Sarkozy lors de l’inauguration de la Cité de l’architecture et du patrimoine (septembre 2007)
S’agissant de la région parisienne, je souhaite que nous réfléchissions, au-delà des clivages des uns et des autres, à un nouveau projet d’aménagement global du « Grand Paris ». C’est mon devoir de porter cette idée. […] Pour favoriser cette réflexion, je souhaiterais, en concertation bien sûr avec l’ensemble des collectivités concernées, à commencer par la Ville de Paris, que huit à dix agences d’architectes puissent travailler sur un diagnostic prospectif, urbanistique et paysager, sur le Grand Paris à l’horizon de vingt, trente voire quarante ans. […] L’architecture a aussi pour vocation d’humaniser des banlieues et des cités trop longtemps laissées à l’abandon. […] Il serait utile d’amplifier l’effort en veillant à prendre en compte la qualité du patrimoine bâti : les logements sociaux doivent être des grands gestes d’architecture.
Ce n’est pas parce qu’on n’a pas les moyens d’habiter dans un immeuble haussmannien qu’on doit forcément habiter dans quelque chose dont on n’a pas pris soin de penser la forme.
Discours de Nicolas Sarkozy lors du lancement de l’exposition des résultats de la consultation à la Cité de l’architecture et du patrimoine (avril 2009)
[…] Comment refaire de la ville, de la citoyenneté, du lien civique, du lien social, de la convivialité, de la solidarité? Comment faire pour que nos grandes métropoles redeviennent des lieux de progrès, de prospérité, de partage? Comment inventer la ville durable, la ville de l’après-Kyoto, la ville écologique, la ville qui s’allie avec la nature au lieu de la combattre? Voilà le plus grand défi peut-être de la politique du XXIe siècle. Ce défi, je veux que la France le relève. Je veux que la France donne l’exemple. C’est cela, l’ambition du Grand Paris. […] Le Vrai, le Beau, le Grand et le Juste. Voilà le programme du Grand Paris qui émerge de toutes les réflexions, de toutes les pensées qui cheminent depuis plus d’un an. Chacun l’a bien compris, nous n’allons pas raser la ville pour en construire une autre. Nous n’allons pas remplacer la ville ancienne par une ville nouvelle. Nous allons édifier une nouvelle ville à partir de l’ancienne. Nous allons bâtir la ville sur la ville. Le Grand Paris, ce n’est pas un plan fi gé, un plan rigide qui fermerait l’avenir au lieu de l’ouvrir. Le Grand Paris, c’est un processus de transformation, c’est l’exploitation de tous les possibles, de toutes les potentialités, c’est continuer une histoire qui a commencé bien longtemps avant nous et à laquelle nous voulons donner un cours nouveau, imprimer une nouvelle direction. Cette nouvelle page de l’histoire de Paris, nul ne peut l’écrire seul. Nous devons l’écrire tous ensemble, avec le Gouvernement, avec tous les élus de l’Île-de-France et avec tous les Franciliens.